Jeune Marin – Poeme –


Jeune marin

J’entends battre son cœur
de funambule.

Sur la route des fleurs
au crépuscule.

La clarté éphémère
s’envole au loin,

Dans le bleu de la terre
au quotidien.

Les grandes toiles flottent,
soleil divin.

La douce enfant toussote
sur le chemin.

Le vieil homme sanglote
de bon matin.

Les bateaux rentrent au port
dans les embruns

Pour qui battra ton corps
jeune marin.

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Texte que “Desnos“ Etat de veille 1942


Âgé de cent-mille ans, j’aurais encore la force
De t’attendre, o demain pressenti par l’espoir.

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.