ENTRE DEUX COURANTS


180487_1693724795815_1618670315_1623904_266994_nLes feuilles tombent. Pour en chasser la mélancolie, se dire que chaque feuille est une page qui se tourne sur une année difficile.

Les jours s’effacent dans le quotidien qui les absorbe. Glouton quotidien qui aspire l’inspiration. Parentitude. Piges. Rénos. Repos. Santé. Couple.

Dans les finitions de notre étage rénové, l’on en finit plus de finir! Il parait que c’est le propre des finitions…

Un dicton anglophone ne dit-il pas que le diable se trouve dans les détails?

Une plinthe par ci, une plinthe par là, un coup de rouleau, un grattage de coulis, une deuxième couche, un luminaire, une autre plinthe et des portes! L’on garde espoir que cela soit fini avant l’hiver. Et l’hiver n’est plus bien loin.
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D’ailleurs la chambre de la puce est finie. C’est un petit royaume de lavande aux accents de princesse pour fillette coquette (avec même une cachette secrète). Et c’est fin de semaine, c’est normalement notre chambre qui y passe. Ensuite, l’on déménage de haut en bas! Et la maison pourra retrouver des airs rangés…

En attendant, l’on y sacrifie les belles fins de semaines toutes en couleurs. Alors que l’automne éclate d’une lumière féerique, l’on avance petit à petit dans la maison. C’est presque fini. Presque mais pas. Et ce dernier pas nous avale les beautés de l’automne…

Hier, une migraine nucléaire, d’origine féminine, réduit mes neurones en bouillie. Ma cervelle est un champ de bataille et mes neurones s’accrochent à une expression ancienne. Une expression si ancienne que même ma grand-mère la trouvait archaïque.

Pourtant aujourd’hui, cette expression me plait comme si j’étais en 1850! Et puis cela fait trop longtemps que je n’ai pas planté une expression dans le terreau de ce coin bloguesque…

Entre deux courants d’air, une expression…

Petite NnoU


était une fois une petite fille qui avait grandi trop vite, trop rapidement. Non seulement dans son corps, dans ses jambes, dans ses bras, mais dans tout le reste. A huit ans, on lui demandait d’être serviable, attentive, raisonnable. De ne pas se plaindre, de ne pas se mettre en colère, de ne pas faire de caprices, de ne pas avoir d’exigences. D’être grande quoi !

 

Ne croyez pas que ses parents étaient des bourreaux. Oh non, ils lui demandaient simplement : fais-nous plaisir. Seulement cela, on ne te demande rien d’autre que d’être gentille, que d’être obéissante…ce n’est pas difficile ça !

 

Comme cette petite fille n’avait jamais osé demander quelque chose, elle n’était jamais déçue. Elle ne savait pas si elle était heureuse ou pas. Elle n’avait pas de désir propre. Elle était sans attente. C’était les autres qui avaient des attentes à son égard. Et son plaisisr à elle…était de faire plaisir…aux autres ! Du moins l’imaginait-elle. Quelque chose cependant aurait du l’alerter, car les autres ne témoignaient pas beaucoup du plaisir qu’ils avaient à ce qu’elle soit « comme elle devait être ». Pour eux cela allait de soi.

 

Pour être tout à fait juste, je dois dire que quelquefois, le soir juste avant de s’endormir, quand elle suçait son pouce, le drap sous le nez, les yeux ouverts dans le noir, un sentiment d’injustice l’effleurait de son aile noire. Oh…à peine ! Elle imaginait aussi qu’il y avait un pays ou les filles pouvaient être petites longtemps, longtemps. Un pays où les parents écoutaient les désirs des enfants, même s’ils ne se réalisaient pas toujours. Un pays où les enfants pouvaient jouer à être grand, mais seulement à jouer…à être grand. Certains soirs elle imaginait qu’elle partait pour ce pays, avec un grand sac et qu’elle l’emplissait de rêves, de jeux, de rires e et aussi de sanglots. Car vous l’aurez deviné cette petite fille ne pleurait pas du tout « puisqu’elle était grande »

 

La suite de l’histoire est étonnante. Il faudra que cette petite fille attende d’avoir quarante ans. Vous m’avez bien entendu, quarante ans pour oser devenir petite, pour oser avoir des désirs impossible, pour oser pleurer et rire. Pour oser danser et faire des bêtises. Un jour sa fille lui demanda : « c’est vrai maman que tu n’as jamais été petite ? » « C’est vrai j’ai vécu comme si si je n’avais jamais eu ni le temps, ni l’idée, ni la possibilité d’être petite. Oui, très tôt, lui dit-elle, je suis devenue grande. C’est seulement aujourd’hui que je comprends. Tout s’est passé comme si mes propres parents n’avaient pas eu le temps de grandir, quand ils étaient enfants et que moi je devais être grande pour eux… »

 

Il arrive parfois à des ex-petites filles d’attendre longtemps, longtemps pour oser être enfin petites.